Récit / Lettonie – Riga en un week-end

Riga la surprenante

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« Tient la Lettonie ça à l’air sympa! » 

C´est comme cela que tout a commencé … Ma pote Geneviève et moi, assises autour d’un chocolat chaud dans un des cafés de Bremerhaven, étions en quête d’un nouveau pays à découvrir …
Pour ma part je ne connaissais absolument pas les pays baltes et me suis laissée tenter par les charmantes photos de la ville que l’on peut trouver sur les différents sites internet. On dit de Riga, qu’elle est la plus jolie capitale des 3 pays bordés de la mer Baltique. Ce que Geneviève, qui connaissait déjà Vilnius, n’a pu que confirmer.

Vendu. Nous partions 3 semaines plus tard pour la capitale Lettone. 

Pendant le vol qui n’a duré pas plus de 2h au départ de Brême, nous étions déjà dans l’ambiance. (Mauvaise ambiance).
Nous savions que Riga était aussi malheureusement réputée pour ses jolies lettones se laissant facilement aborder par les occidentaux affamés … Mais nous, nous ne pensions pas avoir à faire aux dits prédateurs.
Pourtant, un allemand que nous avions comme voisin de siège, la cinquantaine s’est laissé aller à de douteux sous-entendus sur ses intentions de visite et ne s’est en aucun cas gêné pour nous demander où nous logions, et de nous demander si on pouvait se revoir. Ah oui parce que lui et son ami logeaient dans un 4 étoiles beaucoup plus spacieux et luxueux que notre pauvre auberge de jeunesse, et parce qu´il serait sympa d’aller les rejoindre. Je cite.

Après avoir survécu au vol, nous nous sommes empressées de fausser compagnie à nos lourds voisins de sièges et avons foulé nos premiers pas sur le sol Letton.
Bien qu’ayant au préalable consulté les conditions météorologiques, nous nous attendions à peut-être à un climat un peu plus froid, mais la température s’est révélée être la même, ou légèrement plus basse que dans notre chère ville du nord de l’Allemagne.
(Ou alors nous nous sommes vraiment devenus de vraies allemandes et notre résistance au froid s’est améliorée. À méditer)

L’aéroport, comme la plupart des aéroports n’a rien d’extraordinaire, si ce n’est que tout est écrit en letton, russe et anglais ...
L’anglais étant parfois absent des panneaux signalétiques, il nous a fallu nous diriger grâce aux pictogrammes d’indications. Ou alors c’est nous qui avions les yeux endormis et n’avons pas trouvé les panneaux. (Ce qui est tout à fait possible.)

Après avoir déambulé dans les méandres de l’aéroport aux trois langues, nous avons pris la première navette pour nous rendre en direction du centre de la capitale.
La banlieue grise de béton construite, ne casse pas des briques. Pardon pour le jeu de mots. Mais l’arrivée est pour le moins spectaculaire car nous arrivons sur un pont gigantesque plutôt moderne, et surplombant le fleuve Dauvaga qui prend d’ailleurs sa source en Russie.

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Après avoir été déposées au mauvais endroit par notre chauffeur, mais en possession de nos magnifiques et indispensables téléphones équipés d’Internet, (lamentable jeunesse qui n’utilise plus de carte papier) nous avons trouvé notre auberge de jeunesse située sur un énorme carrefour. A l’ouest, la gare. Au nord, la vieille ville. Le tout à moins de 10 min de marche et donc facilement accessible. Emplacement idéal pour rayonner dans les dédales de ruelles de la vieille ville, mais également dans les grandes avenues plus modernes de la capitale.

Nos premiers pas dans la ville ont d’abord été dirigés en fonction de nos estomacs. Ayant juste avalé quelque chose de frugal avant de prendre l’avion, nos estomacs criaient famine. « Vas où tu veux, mais rassasie-moi » semblaient nous dire ces derniers.
Deux critères: des plats végétariens pour Geneviève et de la viande pour moi.
Pas simple. Mais trouvé.
Notre choix s’est porté sur une « fabrique de hamburgers ». Banal me direz-vous.
Et pourtant, mes papilles ont pu savourer un hamburger au fromage de Lettonie qui s’est avéré succulent.
Ce fromage est à pâte dure et cuit avec différents épices tels du cumin.
En tant qu’amatrice de fromage, j’ai bien apprécié.

Fatiguées par ce long voyage éprouvant de 2h, (blague) nous nous sommes dirigées lentement vers notre auberge non pas sans un détour touristique.
Là. Elle était là. Au milieu d’un parc, derrière les fils électriques et devant un arrêt de bus ou l’ont prônait une publicité pour une exposition de Jeanne d’Arc.

L’imposante cathédrale orthodoxe de la Nativité.
Avec ses dômes en or. Un délice visuel.
Après avoir mitraillé de photos le monument érigé au milieu du parc, et après avoir recouvert nos têtes de nos capuches à défaut de foulards, nous sommes rentrées à l’intérieur. Spectacle époustouflant.
Ce que l’on remarque en dehors de la construction typique propre à l’architecture orthodoxe, c’est sa grande salle principale. Ce qui frappe, c’est qu’à l’inverse des églises catholiques, pendant la messe, tout le monde est debout. Pas un seul banc à l’intérieur.
Mais cela n’enlève aucun charme à ce splendide édifice. Nous nous serions crues pendant un instant au pays des tsars. Nous avons vraiment apprécié.

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Nous avons également apprécié de rentrer tôt ce soir là afin de « savourer » la douceur de nos oreillers.
Geneviève s’étant endormie à 17:00, (marmottegirl) il m’a tout de même fallut quelques heures avant que je tombe enfin dans les bras du Morphée letton.
Un sommeil plusieurs fois interrompu à cause des sirènes de la police et des rires de nos voisins espagnols.

8 heures de sommeil plus tard, fraîches et fardées, nous étions prêtes à déambuler dans le dédale de ruelles de Riga, qui s’est avérée être un vrai labyrinthe, et où nous avons lamentablement réussi à perdre notre chemin

C’est après une courte nuit pour ma part, (cf les cris des espagnols) que nous nous sommes dirigées vers le centre de la ville.
Emmitouflées dans nos 2 vestes, et vêtues d’un legging et d’un pantalon nous n’avons préféré pas prendre de risque quant à la météo, même si au final elle ne s’est pas avérée trop polaire, à peine quelques degrés de moins qu’à Bremerhaven soit 5 degrés.

Carte de la ville en main, nous avons commencé notre chemin à travers les rues de la ville en nous dirigeant vers le centre historique. Ce matin-là, comme tout le reste de la journée, le temps n’était pas au rendez-vous. Nous sommes passées par différentes nuances de gris tout au long de la journée. De quoi faire de superbes clichées en noir et blanc.

Première visite et complètement par hasard, le musée de la guerre. Le musée est situé au détour d’une ruelle que nous avons emprunté car nous l’a trouvions jolie, et car le bâtiment rouge brique en fond de rue contrastait avec le gris ambiant. Contraste saisissant.
Le musée est situé dans un ancien bâtiment de plusieurs salles tout aussi intéressantes les unes que les autres.
Nous avons beaucoup apprécié les reliques authentiques telles que les affiches de propagandes soviétiques ou Nazi, et les divers objets ayant appartenus aux soldats. (Armes, carnets de bords, boîtes de conserve, pyjamas et j’en passe)…
La partie de la Lettonie sous l’occupation allemande fut poignante et émouvante, les clichés d’enfants lettons déportés dans les camps nous témoignaient encore une fois de l’horreur du nazisme.
Ce que nous regrettons, c’était le peu d’informations en anglais. La plupart des informations étaient données en russe ou en letton, que nous (pauvres trilingues) n’avons pas pu comprendre. Ou du moins peu.

C’est après en avoir un peu plus appris sur l’histoire de la Lettonie, que nos jambes nous ont amenées à différents points de la ville que nous avions mis auparavant sur notre Checkliste.
La particularité de Riga, c’est que tout est faisable à pied. A peine 700 000 habitants, contre 12 millions pour la région île de France.
Du coup nous avons pu pleinement savourer les différentes panoramas et autre paysages citadins sans avoir besoin de prendre le bus.
Si bien entendu, on ne se perdait pas.
Ayant pourtant l’habitude de vadrouiller, nous pensions que ce se serait facile de se repérer dans Riga. (Surtout avec une carte).
Mais la ville s’est avérée être un vrai labyrinthe. Combien de fois avons nous fait les mêmes rues dans tous les sens en passant devant ce que nous voulions voir. Parfois il suffisait juste de lever un peu la tête, ou de la pencher vers la droite.

C’est justement au somment d’un bâtiment jaune orné d’un grand aigle en pierre blanche que nous avons pu apercevoir les 2 chats noirs qui dominent la ville. C’était la maison des chats. L’histoire raconte qu’après son exclusion de la grande Guilde de Riga, un riche propriétaire fit installer deux sculptures de chats noirs placées sur les tourelles de sa maison en indiquant qu’ils devraient être dos vers le haut, queues dressées, et détournés irrespectueusement de la chambre de la guilde. Cette histoire arriva devant la justice. Finalement, le propriétaire accepta de retourner ses chats en contrepartie de son retour dans la Guilde des marchands.
(Pour info une guilde désigne une association ou coopération de personnes pratiquant une activité commune, généralement des marchands, qui, s’étant dotés de règles et de privilèges spécifiques, demandaient protection aux autorités d’une ville ou d’un État.)12513535_10208488684671543_515513930305499417_o

Un plus loin, au détour d’une autre iela (traduction du mot rue en letton), nous avons pu admirer le magnifique spectacle qu’offre la place principale. D’un rouge brique étincelant et d’une architecture à couper le souffle, se dresse la maison des têtes noires. (Les têtes noires, était le nom donné à une confrérie moyenâgeuse).
Le bâtiment était à l’origine une résidence de passage pour les marchants en 1477 et fut malheureusement détruit en juin 1941 suite aux bombardements. Il a été reconstruit à l’identique entre 1995 et 1999. Aujourd’hui la place del’hôtel de ville est l’une des plus jolies de la ville.

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Se dresse également au milieu de la place, la statue deRoland avec son épée.
Roland était pour les allemands un symbole de liberté des villes médiévales et sa statue figurait à ce titre sur les places des villes de l’Allemagne du nord.
(A noter que nous avons trouvé plein de similitudes entre Riga et Brême à notre grand étonnement … Mais en fait les 2 villes sont jumelées ! Il y a même la statue des Musikanters de Brême, conte des frères Grimm)

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Nous nous sommes dirigées pour terminer cette journée, vers le musée de l’occupation.
Après avoir lu beaucoup de bonnes critiques sur ce musée nous nous attendions à quelque chose d’extraordinaire mais malheureusement nous sommes arrivées au mauvais moment car l’exposition était en rénovation et donc le musée a été déplacé dans une maisonnette de 2 salles.
Trop petit pour l’histoire de l’occupation en Lettonie, et ce qu’il y a raconter.
Du coup même si le contexte était fort intéressant, il y avait peu de choses que nous ne savions pas déjà.
Exception faite sur l’histoire des camps russes et des goulags pendant la guerre.
Même si tout le monde sait ce qui s’est passé dedans et l’horreur qui s’y rapporte, il est vrai que nous avons toujours eu moins d’informations et de médiatisation quant à l’horreur de la situation par rapport aux camps de concentration nazis dont nous avons beaucoup entendu parler et dont nous entendons aujourd’hui toujours parler. Probablement parce que l’Allemagne a su faire son devoir de mémoire et pas la Russie. Je n’en sais rien je ne suis pas spécialiste. Mais c’est en lisant les informations sur la partie goulag du musée que je me suis rendu compte qu’on n’en avait pas assez parlé pour démontrer les choses atroces qui y ont été commises.
Voilà pour la parenthèse historique.

Le jour suivant nous nous sommes dirigées vers Les Halles de la ville. Les Halles, c’est le marché des locaux. Et c’est pour le moins typique. Pas ou peu de touristes viennent se perdre dans les labyrinthes d’étals de viandes, de stands de légumes en tout genre et appareils électroniques d’une autre époque plus lointaine. Un savoureux mélange de couleurs et de senteurs.
C’est d’ailleurs ici, dans cet endroit, que pour la première fois de ma vie au cours d’un voyage j’ai été confrontée à la barrière de la langue. En effet les marchants ne parlent que le letton, ou le russe, et donc pas d’anglais ou d’allemand …
Même au fin fond de la pampa péruvienne j’ai pu communiquer grâce à l’espagnol, les vilages perdus d´Autriche ou j´ai du sortir mon meilleur accent allemand pour me faire comprendre, idem pour les villages reculés du Sénégal ou quelques habitants en plus de leur dialecte africain parlaient le français. Sans parler des aborigènes d’Australie avec qui je pouvais parler en anglais.
J’ai toujours pu communiquer.
Ici en Lettonie et plus particulièrement dans ce marché, j’ai testé pour la première fois le langage des signes.
C’est en m’achetant une paire de chaussures bon marché et en m’apercevant que la pointure sélectionnée était trop petite que je me suis mis à faire un mouvement de hauteur indescriptible avec mes bras pour que la vendeuse comprenne qu’il me fallait une taille de plus.
Finalement on s’est bien compris et je suis repartie avec mes chaussures made in Latvia.

Je crois que c’est une des capitales d’Europe qui m’aura le plus marqué. On a l’impression d’être dans une région imaginaire de Russie, où les habitants se plaisent à mélanger le Russe et le letton.
Un pays qui, il y a peu de temps est entré dans l’euro, un pays où certains habitants sont encore un peu frileux quant à l’Europe et à la mondialisation. Un petit pays traditionnel qui tend à se moderniser.
Mais qui malgré ces différences de coutumes et de mœurs, s’adapte tant bien que mal et essaye de s’intégrer, avec des habitants pour la plus part un peu froids, mais très chaleureux une fois qu’on a percé la barrière de la langue.

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