Récit de voyage – Crète / Santorin / Chrissi

 

Le pilote va t’il distinguer la piste de la mer ? 
En effet c’est en amorçant notre descente vers l’aéroport d’Héraklion que je me suis posée cette question … Nous avons failli faire un amerrissage de toute beauté, tant la piste était petite et tant elle s’avançait dans la mer.
Il faut dire, que l’arrivée en terre crétoise fut pour nous magnifique. A travers le hublot de l’appareil on distinguait des îlots par centaines, parfois habités parfois sauvages, entourés d’une eau bleu turquoise étincelante, que l’on devinait pleine de poissons.
Et enfin à l’horizon, l’île la plus grande de Grèce pointait le bout de son nez avec ses plages de sables blonds et ses falaises ornées de pins qui descendaient à pic dans les eaux bleutées de la mer de Crête.
Poséidon nous avait réservé une bien belle arrivée.

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La partie de l’île ou nous avons déposé nos bagages pour notre séjour se situe à l’est, à 45min de la capitale crétoise dans un endroit encore préservé du tourisme de masse. Et ce n’est pas pour nous déplaire, car il est vrai que la partie ouest bien que jolie, est envahie par des hordes de touristes plus blancs ou rouges les uns que les autres avec des chaussettes dans leur sandales ouvertes laissant deviner leur nationalité. Mon boyfriend allemand ne va pas aimer cette dernière phrase.

C’est donc dans le charmant village de Sissi idéalement situé que nous nous sommes abandonnés au rythme crétois, nous laissant libres de rayonner aux alentours de l’île. Ce village de pêcheurs et ses 2 petites églises de style minoens, regorge d’une multitude de restaurants attrape-touristes et de tavernes en tout genre, ainsi que d’agences de locations de quads et de voitures.
Voiture que nous nous sommes empressés de louer dès le lendemain de notre arrivée afin de partir à la découverte de l’île.

Et c’est donc avec une voiture au tarif négocié et à la plaque d’immatriculation grecque que nous avons pris la route en direction de Cnossos, afin de visiter le palais du roi Minos, (construit en 2000 av JC) fils de Zeus et père d’Ariane connue pour son fameux fil qui aida Thésée à vaincre le Minotaure enfermé dans le labyrinthe de Dédale, architecte grecque.
11958307_10207604423645570_7048050941788186005_oLe palais est partiellement détruit suite à un tremblement de terre puis un incendie, mais cela ne lui enlève aucun charme. Cela lui rajoute même une touche d’authenticité.
Pendant la visite qui dure environ 2h, on se surprend à s’imaginer au temps de la suprématie et puissance grecque, habitant un tel palais, comme simple prêtre ou prêtresse s’adonnant à quelques sacrifices.
(Sacrifices à respecter si l’on ne veut pas déclencher la colère des dieux et voir son conjoint tomber éperdument amoureux d’un taureau. Quelle imagination ce Poséidon !)

Ayant fait le plein de mythologie grecque et de culture minoenne, nous avons voulu nous écarter de la foule de touristes et de ses japonais couverts de la tête aux pieds (sans oublier l’ombrelle) afin de rejoindre Vaï, extrémité est de l’île ou nous savions qu’une magnifique plage aux eaux transparentes nous attendait.

Mais la route jusque-là ne fut pas de tout repos.
Il faut traverser les montagnes crétoises dont les bordures de route ne sont protégées que par de vulgaires barrières à moitié défoncées, et qui ne nous empêcherait en aucun cas de faire un coucou à Poséidon en cas de perte de contrôle du véhicule.
S’ajoute à cela la conduite à la grecque, c’est à dire en doublant n’importe comment et souvent par la droite. Et quand ils ne s’amusent pas à dépasser du mauvais côté de la route, ils créent une piste de rallye sur la route en créant 4 voies, les 2 dernières créés sur les bandes d’arrêt d’urgence. Je suis maintenant persuadée qu’Hadès aurait pu s’inspirer des routes grecques et de ses conditions de circulation pour créer son enfer.

Mais c’est vivant que nous sommes arrivés, à Vaï seule forêt de palmiers d’Europe qui rappelle les Caraïbes.
La légende raconte que des soldats égyptiens auraient laissé tomber volontairement des dates afin de faire pousser ces fameux palmiers qui donnent un air exotique à cette jolie plage de l’est.

A notre arrivée non pas moins méritée, nous avons d’abord crapahuté jusqu’au sommet d’une haute falaise avoisinante afin de contempler le panorama. C’était époustouflant. Seuls. En haut d’une falaise surplombant la Méditerranée, on se serait senti pousser des ailes afin de survoler cette palette de bleus étincelants.
Ne pouvant bien entendu pas voler, nous avons décidé d’explorer un autre monde, avons enfilé palmes masques et tubas et avons directement plongé afin de découvrir ce que la mer de crête avait à nous offrir.
Poissons en tout genre se sont laissé suivre pendant de longues minutes jusqu’à ce que nous décidions de nous laisser dorer sous le chaud soleil de crête au pied de l’un de ces gigantesques palmiers. 

Le temps est passé bien vite cet après-midi-là, il passe toujours (trop) vite quand on prend du bon temps.
En guise d’horloge naturelle, le soleil commençait à refléter des lueurs orange sur la mer comme pour nous indiquer qu’il était l’heure pour nous (déjà) de quitter ce paradis sur terre.
Nous nous serions presque surpris à invoquer Chronos, Dieu du temps, afin qu’il nous accorde quelques heures supplémentaires ou bien d’arrêter le temps quelques instants pour que nous puissions profiter plus longuement de notre paradis exotique.

Le soleil qui allait se coucher à l’ouest nous montrait la direction à prendre pour rejoindre notre village de pêcheurs. Nous n’avions qu’à nous laisser guider par les rayons du soleil encore chauds, comme l’a fait Icare il y a bien longtemps, cette fois ci en prenant garde de ne pas brûler nos ailes. 

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C’est en allant découvrir la petite île de Chrissi que nous avons décidé de jouer les Ulysse en vadrouille.
Cette île aux allures de lagons du pacifique composée de mini arbustes de différents verts et entourée d’une eau bleue transparente est la dernière île européenne avant l’Afrique.
Alors qu’on prenait le soleil sur le sable blond et brûlant, on s’imaginait en regardant l’horizon que là quelque part devant nous, se trouvait à des centaines de kilomètres le continent Africain. Quant à l’autre côté de l’île, celui tourné vers la crête et donc vers l’Europe, il laisse apercevoir des petites montagnes dépourvues de végétations dont le rouge de la roche contraste avec le bleu omniprésent. Spectacle époustouflant. Mais Chrissi est bien plus qu’une carte postale.
Les adeptes de plongée y trouveront également leur bonheur puisque l’eau aussi transparente que possible offre une forêt marine magique, où l’on peut voir à plusieurs mètres devant nous.
Le voyage retour vers la civilisation grecque fut tout aussi agréable car notre trajet à bord du bateau fut accompagné de magnifiques rayons de soleils rougeâtres qui se reflétaient sur la mer de Lybie. Apollon dieu de la lumière et du Soleil, nous offrait là un magnifique spectacle.
Nous espérions cependant juste que le bateau arriverait à bon port sans croiser de sirènes enchanteresses.

Le lendemain, afin de continuer notre découverte de la culture grecque, c’est une autre direction que nous avons pris. Cette fois ci, celle du nord.
Nous avons vogué pendant 2h sur un speedboat au départ d’Heraklion en direction de l’île la plus au sud des Cyclades, Santorin.
Là aussi l’arrivée fut spectaculaire.
Pour nous accueillir, des villages blancs et bleus perchés en haut des falaises étaient tournés vers la mer de Crête et nous renvoyaient une vue époustouflante de ce qui nous attendait en haut.
Mais encore fallait il y aller, en haut.
A pied ce n’est pas possible, (ou du moins c’est difficile) à moins de tenter les audacieux et suivre sous un soleil de plomb la seule route, aussi étroite que fréquentée par quelques autobus téméraires qui s’apprivoisent toute la route ne laissant plus de place aux autres usagers.
Autobus qui au passage, provoquent en nous une inquiétante impression de vertige, et qui nous laissent croire à tout moment qu’ils vont tomber le long de la falaise pour finir leur course au milieu des autres bateaux du port.

Une fois avoir survécu à la terrible ascension, de ce grand rocher, ce n’est non pas le domaine des dieux d’Olympie qui nous a accueilli, mais c’est un magnifique village typiquement grec, ornés de maisons aux façades blanches et toits bleus, ainsi que leur jardin de bougainvilliers fuchsias.
Le village de Oia est un grand dédale de ruelles et de terrasses avec vue, peintres, restaurants et où placettes ombragées, se rencontrent. 
Souvent la curiosité de pousser l’une de ces portes en bois bleu s’était emparée de nous, souvent nous avons voulu voir ce qui se cachait à l’intérieur et comment Hestia, déesse des foyers s’occupaient de ses habitants.

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Nous avons plutôt poussé la porte d’un restaurant traditionnel de l’île, et avons dégusté un délicieux vin blanc Grec où l’on sentait à travers ses arômes et son cépage que ses vignes étaient longtemps restées sous le soleil de Crete. Le breuvage de Dionysos avait goût de soleil.
A noter que les vignes de l’île de Santorin possèdent une particularité. On ne voit pas leur pied, seule les feuilles de vigne sont apparentes et sortent directement des terres rougeâtres de cette île volcanique.

Nous voulions manger typiquement grec, et plus particulièrement quelque chose de l’île. Et c’est au détour d’une ruelle de pavés blancs que nous avons décidé de déguster ces fameux beignets de tomates fris aux oignons, menthes et autres épices que l’on peut tremper dans un succulent tatziki.
Nous garderons un excellent souvenir de cette expérience gustative. De plus, le panorama qui s’offrait à nous était magique.

Le ventre bien rempli, nous avons continué notre chemin à la conquête de l’île afin d’y découvrir les trésors dont elle recelait. 
Enchantés en cette fin d’après-midi, nous avons quitté l’île volcanique en direction de la Crète en espérant que le volcan qui a transformé une partie de l’île 2000 av Jc ne se réveille pas. Il faut savoir que ce volcan est toujours actif et sous étroite surveillance. Au cas où. (Héphaïstos nous te serons éternellement reconnaissants de ne pas avoir joué avec le feu pendant notre visite).

La suite de notre séjour s’est déroulée dans le même esprit, en décidant la veille pour le lendemain, voir le jour même où les vents d’Eole nous mèneraient.
Un jour notre route a croisé celle de cette petite dame vêtue de noire qui en marchant devant une chapelle à fait son signe de croix.
Un jour nous nous sommes nous aussi surpris à nous arrêter devant une de ces chapelles (bien que non croyants) et que l’on compte par centaines juste pour admirer la beauté de l’architecture.
Nous avons aussi ralenti notre course au volant de notre voiture juste pour admirer les champs de milles oliviers dont les troncs vieillis nous témoignent de l’ancienneté de cette terre qu’est la Grèce et dont les feuilles vertes nous comptent l’histoire des agriculteurs locaux. Demeter déesse des céréales et de l’agriculture aura laissé la un bien bel héritage. Parfois nous avons aussi stoppé notre marche pour caresser un chaton, entouré de sa fratrie qui se laisse vivre à l’ombre d’un laurier fleuri.

Et puis c’est la fin. C’est en décollant et que l’on croit avoir une vue d’ensemble, qu’on espère que la pomme de la discorde jetée par Eris un jour sur cette magnifique terre, cessera de noyer les grecs et leur belle culture dans cette crise sans fin. 

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